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    Faire des boutures - Le guide complet du clonage

    Bien que les boutures et les marcottes de cannabis s’enracinent facilement, des variations existent quant au potentiel d’enracinement et les vieilles tiges peuvent y résister. Le choix du matériel destiné à l’enracinement est excessivement important. Les jeunes pousses, fermes et en croissance végétative, de 3 à 7 millimètres (1/8 à 1/4 pouce) de diamètre, sont celles qui s’enracinent le plus facilement. Les plantes faibles et malades sont à éviter, de même pour les grandes branches boisées et tissus reproducteurs, puisqu’ils sont plus lents pour s’enraciner. Les tiges avec une teneur élevée en hydrates de carbone s’enracinent plus facilement. La fermeté de la tige est un signe de niveaux élevés d’hydrates de carbone mais peut être confondu avec un tissu boisé plus ancien.
    Une méthode précise pour déterminer la teneur en hydrates de carbone des boutures est un test à l’iodure qui réagit avec l’amidon. Les extrémités fraîchement coupées d’un groupe de boutures sont immergées dans une solution faible d’iode sous forme d’iodure de potassium. Les boutures contenant la teneur en amidon la plus élevée deviennent plus foncées ; les échantillons sont rincés et rangés en conséquence.
    Les boutures avec un taux élevé d’azote semblent s’enraciner plus mal qu’avec un taux d’azote plus bas.
    Ainsi, les jeunes pousses à croissance rapide contenant plus d’azote et moins d’hydrates de carbone, s’enracineront moins bien que des boutures un peu plus âgées. Ainsi, on choisira de préférence, pour un meilleur enracinement, des parties qui auront cessé leur élongation et qui commenceront leur croissance radiale (qui grossissent en diamètre). Les plantes étaminaires ont en moyenne des taux plus élevés en hydrates de carbone que les pistillaires, alors que les pistillaires ont des taux plus élevés d’azote. On ne sait pas si le sexe influence l’enracinement, mais des boutures du tissu végétatif doivent être prises juste après la détermination du sexe, alors que les tiges sont toujours jeunes.

     

    Pour l’enracinement de clones ou de plant-parents, l’équilibre favorable (taux d’azote bas – taux d’hydrates de carbone haut) est obtenu de plusieurs manières :

     

    1. La réduction de l’azote apporté ralentira la croissance des pousses et donnera le temps aux hydrates de carbone de s’accumuler. Ceci peut être accompli en faisant une lixiviation (rinçage du sol avec de grandes quantités d’eau douce) de l’engrais azoté, et en permettant aux plantes de se développer à la pleine lumière du soleil. La surpopulation racinaire (petit pot) réduit la croissance végétative excessive et permet l’accumulation des hydrates de carbone (principe des bonzaïs).

     

    2. Les parties de la plante les plus susceptibles de former des racines sont choisies. Les branches basses qui ont cessé leur croissance latérale et ont commencé à accumuler l’amidon sont les meilleures. Le rapport hydrate de carbone / azote augmente plus on s’éloigne du bourgeon final, ainsi les boutures ne doivent pas être trop petites.

     

    3. L’étiolement est l’accroissement de la tige dans l’obscurité totale pour augmenter les possibilités de formation de racine. Le taux d’amidon baisse, les tissus et les fibres commencent à se ramollir, les parois des cellules diminuent en épaisseur, le tissu vasculaire s’étire, le taux d’auxine monte, et du tissu indifférencié commence à se former.
    Ces conditions sont très favorables pour le début de la croissance des racines. Si le cycle lumineux peut être contrôlé, les plantes entières peuvent être soumises à l’étiolement, mais habituellement on ne choisit que quelques branches simples pour le bouturage et enveloppées sur plusieurs centimètres justes au-dessous du secteur où la bouture sera prise.
    Ceci est fait deux semaines avant que la bouture ne soit prélevée. On retire alors l’enveloppe et l’extrémité étiolée est insérée dans le milieu d’enracinement. Toutes les méthodes de marcottage et de bouturage utilisent en partie les effets de l’étiolement pour la formation de racines dans la partie enterrée.

     

    4. Le ceinturage d’une tige, en coupant le phloème (tissu conducteur de la sève élaborée situé à la couche extérieure de la tige, au-dessus du xylème qui est le tissu conducteur de la sève brute) avec un couteau ou en l’écrasant avec un fil tordu peut bloquer la mobilité de haut en bas des hydrates de carbone, de l’auxine et des cofacteurs d’enracinement, élevant ainsi la concentration de ces composants du déclenchement de l’enracinement, juste au-dessus de la ceinture.
    Fabrication des boutures

     

    Les boutures sont prélevées de branches végétatives relativement jeunes sur une longueur de 10 à 45 centimètres (4 à 18 pouces) avec une lame très bien aiguisée ou une lame de rasoir. Elles sont immédiatement placées dans un récipient contenant de l’eau propre et pure, de sorte que les extrémités coupées soient bien immergées. Il est essentiel que les boutures soient placées dans l’eau dès qu’elles sont coupées sous peine qu’une bulle d’air puisse pénétrer par l’extrémité coupée et bloque le flux vasculaire de sève dans la bouture (embolisme), provoquant la fanaison.
    Les boutures effectuées intégralement sous l’eau sont sûres d’éviter l’embolisme. Si les boutures sont laissées à l’air un temps, il faudra les recouper avant de les placer dans le milieu d’enracinement. Celui-ci devrait être chaud et humide avant que les boutures ne soient prélevées de la plante-parent. Le milieu d’enracinement sera préparé en faisant des rangées de trous, avec un bâton conique, légèrement plus grands de diamètre que la bouture, et en laissant au moins 10 centimètres (4 pouces) entre chaque trou. On ne retirera les boutures de l’eau qu’au moment de les placer dans leur trou et de les traiter avec des hormones de croissance et des fongicides (tels que Rootone F ou Hormex) juste avant la mise en terre. Il faut bien prendre garde de ne pas mettre d’hormones en poudre sur la section coupée pour permettre l’assimilation de l’eau, et s’assurer de laisser au moins 10 centimètres (4 pouces) entre l’extrémité mise en terre et le fond du milieu. Le milieu d’enracinement est alors légèrement tassé autour de la bouture, en faisant attention de ne pas érafler les hormones de croissance. Pendant les premiers jours, les boutures sont vérifiées fréquemment pour s’assurer que tout va bien. Les boutures sont alors arrosées avec une solution diluée d’engrais une fois par jour.

     

    L’endurcissement

     

    Les boutures développeront en générale un bon système racinaire et seront prêtes à être transplantées en trois à six semaines. C’est alors que commence le processus d’endurcissement, qui consiste à préparer les boutures sensibles à une vie au soleil brillant. Les boutures sont enlevées et transplantées dans un endroit abrité comme une serre chaude jusqu’à ce qu’ils grandissent seuls. Il est nécessaire de les arroser avec une solution diluée d’éléments nutritifs ou de les nourrir avec un compost fini dès que le processus d’endurcissement commence. Les jeunes racines sont très tendres et on doit faire très attention de ne pas les endommager. Quand des boutures en croissance végétative sont placées en extérieur sous la photopériode régnante, elles réagiront en conséquence. Si ce n’est pas le moment approprié de l’année pour qu ‘elles se développent et mûrissent correctement (à l’approche de la récolte, par exemple) ou s’il fait trop froid pour qu’elles soient mises dehors, elles peuvent être maintenues dans un état végétatif en rajoutant de la lumière pour augmenter leur jour. Ou elles peuvent être incitées à fleurir à l’intérieur sous des conditions artificielles. Une fois les pousses choisies et préparées pour le clonage, elles sont traitées et placées dans le milieu d’enracinement. Depuis la découverte en 1984 que l’auxine comme l’IAA stimulent la production des racines adventives, et la découverte que l’application d’auxine synthétique comme le NAA provoquait l’augmentation du taux de production de racines, beaucoup de nouvelles techniques de traitement sont apparues. On a constaté que les mélanges d’hormones de croissance sont souvent plus efficaces que seul. L’IAA et le NAA sont souvent combinés avec un petit pourcentage de certains composés phénoxy et de fongicides dans les préparations commerciales.
    Beaucoup d’hormones de croissance se détériorent rapidement, des solutions fraîches doivent alors être préparées. Les traitements avec de la vitamine B1 (thiamine) semblent aider les racines à se développer, mais aucun effet inductif n’a été remarqué. Dès que les racines émergent, des nutriments sont nécessaires ; la pousse ne peut pas maintenir de croissance suffisamment longtemps sur ses propres réserves. Un complément complet de nutriments incorporé au milieu d’enracinement aide certainement la croissance des racines ; un apport d’azote est particulièrement nécessaire. Les boutures sont extrêmement sensibles à une attaque fongueuse, et les conditions favorisant l’enracinement sont également favorables à la croissance de champignons. Le “captan” est un fongicide longue durée qui est parfois appliqué sous forme de poudre en même temps que les hormones de croissance.

     

    L’oxygène et l’enracinement

     

    Le début et la croissance des racines dépend de l’oxygène atmosphérique. Si le niveau d’oxygène est bas, les pousses peuvent ne pas produire de racines et l’enracinement sera certainement inhibé. Il est très important de choisir un milieu d’enracinement léger et bien aéré. En plus de l’aération normale de l’atmosphère, le milieu d’enracinement peut être enrichi en oxygène (02) ; Il a été prouvé que des solutions d’enracinement enrichies augmentent l’enracinement chez beaucoup d’espèces de plantes. On ne connaît aucun seuil pour lequel une oxygénation excessive provoque des dommages, bien qu’une oxygénation excessive puisse baisser le taux de dioxyde de carbone qui est également essentiel pour le début et la croissance appropriée des racines. Si le niveau d’oxygène est bas, les racines ne se formeront que près de la surface du milieu, tandis qu’à niveau idéal d’oxygène, les racines tendront à se former sur toute la longueur de la pousse implantée, particulièrement à l’extrémité de coupe.
    L’enrichissement en oxygène des milieux d’enracinement est assez simple. Puisque les boutures doivent être constamment humides pour s’assurer un bon enracinement, l’aération des milieux d’enracinement peut être faite en aérant l’eau utilisée pour l’irrigation.
    Les systèmes de brume réalisent ceci automatiquement parce qu’ils délivrent une brume fine (riche en oxygène dissous) aux feuilles, d’où une grande partie coule dans le sol, facilitant l’enracinement. On peut aussi enrichir l’eau d’irrigation en oxygène en installant un aérateur sur la ligne principale d’irrigation, de sorte que l’oxygène atmosphérique puisse être absorbé par l’eau. Une augmentation du taux d’oxygène dissous de seulement 20 ppm (part par million) peut avoir une grande influence sur l’enracinement. L’aération est une manière pratique d’ajouter de l’oxygène à l’eau car elle ajoute également du dioxyde de carbone atmosphérique. L’air d’une petite pompe ou de l’oxygène liquide peut également être fourni directement aux milieux d’enracinement par de petits tubes percés de trous, ou par une pierre poreuse comme celles employées pour aérer les aquariums.

     

    Les milieux d’enracinement

     

    L’eau est un milieu commun pour l’enracinement. Elle est peu coûteuse, disperse les nutriments également, et permet l’observation directe du développement des racines. Cependant, plusieurs problèmes apparaissent. Un milieu d’eau permet à la lumière d’atteindre la tige submergée, ce qui retarde l’étiolement et ralentis la croissance des racines. L’eau favorise aussi la croissance des moisissures et d’autres champignons, soutient mal la bouture, et limite l’apport d’air aux jeunes racines. Dans une solution bien aérée, les racines apparaîtront à profusion à la base de la tige, alors que dans une solution mal aérée ou stagnante quelques racines seulement se formeront à la surface, où l’échange direct avec l’oxygène se produit. Si les boutures sont faites dans de l’eau seulement, la solution peut être remplacée régulièrement ce qui devrait fournir suffisamment d’oxygène pendant une période courte. Si on utilise des solutions d’éléments nutritifs, un système est nécessaire pour oxygéner la solution. La concentration de la solution d’éléments nutritifs augmente avec l’évaporation. On utilise alors de l’eau pure pour diluer la solution et remplir les récipients d’enracinement.

     

    Préparation de la terre

     

    Les médias pleins fournissent des ancrages pour les boutures, de l’obscurité pour favoriser
    l’étiolement et la croissance des racines, et une circulation d’air suffisante aux jeunes racines. Une terre de haute qualité avec un bon drainage comme celle utilisée pour la germination des graines est souvent utilisée mais la terre doit être soigneusement stérilisée pour empêcher la croissance des bactéries et de champignons nocifs. Un peu de terre peut facilement être stérilisée en l’étalant sur une feuille de papier sulfurisé et en la chauffant dans un four réglé sur “bas,” approximativement 120°C (180°F), pendant trente minutes. Cela tue la plupart des bactéries et des champignons nocifs, aussi bien que des nématodes, des insectes et la plupart des graines de mauvaises herbes. La surchauffe du sol causera le déficit de nutriments et de complexes organiques et la formation de composés toxiques. De grandes quantités de sol peuvent être traitées avec des fumigènes chimiques. La fumigation chimique évite le manque de matériel organique provoqué par la chaleur et peut donner un meilleur mélange d’enracinement. Le formaldéhyde est un excellent fongicide, tue quelques graines de mauvaises herbes, des nématodes et insectes. {Un litre de formaline commerciale (force de 40%) est mélangé à 50 litres d’eau et lentement appliqué jusqu’à chaque pied cube du sol absorbe 2-4 litres de solution. De petits récipients sont scellés avec des sachets en plastique ; de grands appartements et parcelles de terrain sont couverts de feuilles de polyéthylène. Après 24 heures le joint est enlevé et le sol est permis de sécher pendant deux semaines ou jusqu’à l’odeur du formaldéhyde n’est plus présent. Le sol traité est trempé avec de l’eau avant l’utilisation. Les fumigènes tels que le formaldéhyde, le bromure méthylique ou d’autres gaz mortels sont très dangereux et les cultivateurs les emploient uniquement en extérieur et avec une protection appropriée pour eux-mêmes.
    Il est habituellement beaucoup plus simple et plus sûr d’employer un milieu stérile artificiel pour l’enracinement. La vermiculite et la perlite sont souvent utilisées pour la reproduction en raison de leur excellent drainage et pH neutre (un équilibre entre l’acidité et l’alcalinité). Aucune stérilisation n’est nécessaire parce que les deux produits sont manufacturés à chaleur élevée et ne contiennent aucun matériel organique. On a constaté qu’un mélange à parts égales de vermiculite de moyenne et de grande catégorie ou de perlite favorise une plus forte croissance des racines. Cela entraîne une circulation d’air accrue autour des morceaux les plus gros. Une solution diluée d’éléments nutritifs, y compris d’oligo-éléments, est nécessaire pour irriguer le milieu, car peu ou pas de matériel nutritif n’est apporté dans ces médias artificiels. La solution doit être examinée pour vérifier le pH et le maintenir vers 7,0 avec l’engrais calcique, la chaux de dolomite, ou de la poudre de coquilles d’huître.

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