Aller au contenu
  • Guest
    Guest

    Hollande, Sarkozy, Aubry… le cannabis fait tourner les girouettes

    Hollande, Sarkozy, Aubry… le cannabis fait tourner les girouettes

    « Les drogues sont des substances qui provoquent des comportements délirants chez ceux qui n’en prennent jamais. » Comment mieux que par cette citation attribuée au gourou du LSD Timothy Leary, expliquer les incessants revirements de la classe politique sur le dossier du cannabis.

    Mercredi, soir à Dijon, l’un des possibles futurs ministres de l’Intérieur en cas de victoire socialiste, François Rebsamen, se déclarait favorable à la contraventionnalisation pour les consommateurs de cannabis. Même s’il précise ne pas savoir si son candidat « retiendra cette proposition », on imagine alors que le PS sort enfin du bois sur la question. Que nenni: François Hollande s’est déclaré opposé à cette mesure ce vendredi matin sur Europe1.

    « Cette proposition n’est pas nouvelle. Elle avait été avancée par Nicolas Sarkozy en 2007. Je ne la reprendrai pas pour des raisons qui tiennent à la nécessité de l’interdit qui ne doit pas être affaibli. »

    C’est son droit me direz-vous. Mais si le candidat socialiste rappelle fort à propos le revirement de son adversaire sur ce sujet, il oublie de rappeler que lui même avait déclaré, le 28 septembre 2011 dans Direct Matin, alors qu’il n’était que candidat à la primaire socialiste:

    « Un débat sur la question des drogues est légitime, d’autant que la législation sur le sujet date de 1970. Il faut modifier cette loi, mais maintenir l’interdit, peut-être en introduisant des contraventions pour les usagers. »

    Pas de légalisation ni de dépénalisation, donc, mais « peut-être » des contraventions. Qui semblent donc aujourd’hui un lointain souvenir. A la place, le candidat socialiste souhaite « rester sur une logique pénale » et « y ajouter une logique de soins ». Reste à savoir ce que signifie cette « logique de soins » pour des fumeurs de cannabis dont l’immense majorité sont -fort heureusement puisqu’ils sont 4 millions en France- des usagers récréatifs non problématiques. Et que l’injonction de soins est généralement jugée inefficace par les intervenants en toxicomanie en ce qui concerne les fumeurs de cannabis.

    Peut-être François Hollande, visiblement peu au fait de ces questions, confond-il prévention et soin? Peut-être aussi a-t-il pris conseil auprès d’un autre possible futur ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, très opposé à tout assouplissement de la loi sur les stupéfiants. Dans l’entourage du candidat, on confirmait ce matin que la déclaration de François Rebsamen n’avait pas été concertée avec l’équipe de campagne mais que les deux hommes se sont parlés après le meeting de Dijon. François Hollande a alors informé son ami qu’il ne reprendrait pas sa proposition pour ne pas envoyer un signal de « laxisme ».

    A sa décharge, François Hollande est loin d’être le seul politique à changer d’avis sur cette question qui semble faire tourner les têtes de nos dirigeants. Ainsi, dès 2003, Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur plaidait lui aussi pour des contraventions pour les fumeurs de pétards, jugeant les peines de prison « inapplicables ». Candidat en 2007, il confirmait cette position, jugeant cette fois la loi de 1970 « ridicule ». Avant de qualifier cette même proposition de contravention « d’irresponsable » cinq ans plus tard puisqu’elle émanait cette fois d’un socialiste…

    Avant les deux principaux candidats à la présidentielle, Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste, avait elle aussi soudainement changé d’avis sur ce sujet. Au mois de juin 2011, interrogée sur TF1, la première secrétaire du PS se déclare opposée à la dépénalisation du cannabis. Mais interrogée à nouveau par les lecteurs du site Rue89 le 16 septembre, elle se prononçait cette fois en faveur de la dépénalisation, sans expliquer les raisons de ce revirement.

    Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a longtemps esquivé la question, qui ne figure pas dans son programme, confessant sur TF1 au mois d’octobre des divisions dans son camp:

    « Aïe. Alors écoutez une partie de mes amis est pour, l’autre est contre. Il va falloir que je retourne voir dans mes programmes. Moi personellement… [il fait la moue]. Mon côté gestionnaire me fait dire que les trafics liés au cannabis sont une gangrène. Le père et grand-père trouve ça moyen. »

    Avant de faire un pas le 12 janvier sur France2, tout en refusant de se prononcer explicitement sur la question de la dépénalisation:

    »Ce que je sais moi c’est que c’est complètement absurde de punir les consommateurs parce que c’est disproportionné. Cependant je suis pour continuer à traquer les producteurs. »

    Des revirements successifs qui semblent donner raison à François Mitterrand, qui aurait dit à ce sujet:

    « Les drogues, il vaut mieux ne pas en parler, car si l’on en parle, il faut hurler avec les loups. »

    Source : http://blogs.lesinrocks.com

    On en parle sur le forum.



    Retour utilisateur

    Commentaires recommandés

    Il n’y a aucun commentaire à afficher.


×