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    Suisse : boom du cannabis indoor

    En Suisse alémanique, les saisies de plantations de chanvre ont explosé. La police fait désormais face à une industrie souterraine, professionnelle et à caractère mafieux.

     


    Début mai, deux hommes de 32 ans comparaissaient devant le Tribunal de district de Saint-Gall. Les deux compères étaient à la tête d’une affaire florissante de vente de cannabis, qui leur a permis de gagner près de 2 millions de francs. Le rapport de police parle d’une quantité écoulée d’environ 250 kilos. Le procureur a requis des peines de 5 ans de prison.
    Ces derniers mois, Saint-Gall semble être devenue la Mecque suisse du cannabis. Pas que pour le meilleur: fin février, une fusillade a éclaté dans un hangar d’Altstätten (SG). Non loin des deux corps de deux blessés graves, la police a retrouvé une énorme plantation de chanvre. Les forces de l’ordre n’en précisent pas la quantité, mais les photos laissent deviner plusieurs milliers de plants.

     

    Plus de 10'000 plants

     

    Les faits divers mettent en lumière un phénomène impressionnant: en un an, le nombre de plantations découvertes a pratiquement quadruplé, passant de 18 à 70 entre 2013 et 2014. Alors que les saisies de plus de 100 plants restent, en règle générale, anecdotiques, Saint-Gall compte pour l’an passé 19 plantations entre 100 et 1000 plants, et 4 au-delà de 1000.

     

    Bien que le canton présente les chiffres les plus impressionnants, la police de Saint-Gall n’est pas la seule à annoncer régulièrement des saisies record de plants de marijuana. En janvier, les policiers zurichois ont découvert plus de 10'000 plants dans un bâtiment industriel de Bülach. En trois ans, le canton a également enregistré une augmentation des saisies. De 50 plantations détruites en 2013, on est passé à une centaine à la fin de 2014. Berne, les Grisons, la Thurgovie ou encore Bâle-Campagne confirment aussi une progression du phénomène.

     

    Bien équipés

     

    Les polices cantonales expliquent cette augmentation en partie parce qu’elles ont renforcé la pression sur les cultivateurs, mais aussi parce que l’activité s’est professionnalisée. «La culture de chanvre est désormais destinée en grande partie à des fins commerciales, ce qui n’était pas le cas auparavant», explique le porte-parole de la police saint-galloise, Gian Andrea Rizzoli. L’équipement est devenu plus pro, tandis que le savoir-faire s’acquiert facilement sur Internet. «Aujourd’hui, il suffit de quelques clics pour apprendre à faire fonctionner une installation.»

     

    Le jeu du chat et de la souris est devenu plus compliqué pour la police. Fini, les jardins à la Bernard Rappaz. Les champs exposés à la vue de tous ont été délaissés pour des cultures «indoor», en intérieur. Les cultivateurs sont ainsi équipés de lumières réglées pour simuler les jours et les saisons, d’arrosages automatiques et de ventilateurs pour atténuer l’odeur. C’est justement leur facture d’électricité exorbitante qui attire l’attention de la police. Les plus malins s’équipent cependant d’ampoules LED, bien plus économes.

     

    Bandes organisées

     

    Le profil type du cultivateur professionnel est bien éloigné de celui du hippie pacifiste. «Ces dernières années, la production de cannabis, jusqu’alors en grande majorité étrangère, a peu à peu été déplacée en Suisse, poursuit Gian Andrea Rizzoli. Elle est contrôlée en grande partie par des groupes criminels étrangers qui possèdent parfois plusieurs réseaux et réalisent des gains importants.»
    Les Suisses sont effectivement de grands consommateurs de cannabis. Selon la dernière étude en date du Monitoring Cannabis en Suisse, menée en 2007 par l’Office fédéral de la santé publique, 44% des Suisses âgés entre 13 à 29 ans disaient avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie. Selon les milieux de la prévention, ce chiffre reste stable.

     

    Tout comme la demande, les prix du cannabis n’ont guère évolué au cours de cette dernière décennie: un kilo coûte environ 5000 francs au sortir de la plantation, le gramme est revendu dans la rue entre 8 et 12 francs.
    S’ajoute à cela le fait que les peines encourues sont relativement clémentes. La loi suisse punit de la même manière la détention, la vente et la culture du cannabis. Les peines, qui dépendent non seulement de la quantité mais également de la teneur en THC des plantes, peuvent varier – pour une première condamnation – entre 3 jours et 3 ans ou une amende pouvant atteindre 40 000 francs. On est loin des dizaines d’années encourues avec l’héroïne ou la cocaïne.

     

    Ces facteurs contribuent non seulement à l’augmentation de la culture du chanvre, selon Gian Andrea Rizzoli, mais impliquent également une forte concurrence entre les producteurs. «La violence a aussi augmenté au sein de ce milieu», souligne le porte-parole. La fusillade autour de la plantation d’Altstätten en offre un exemple flagrant.
    Pour éviter de se faire remarquer par le fumet particulier de leurs activités de jardinage, les cultivateurs privilégient les hangars et les fermes isolées. C’est d’ail­leurs l’une des raisons pour lesquelles la Suisse orientale, très campagnarde, est devenue l’un des lieux privilégiés de la culture du chanvre.

     


    source:http://www.cannabis-infos.com/2015/05/suisse-boom-du-cannabis-indoor.html

     

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