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Les plantations indoor de cannabis : un business florissant ?

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La découverte très fréquente de plantations de cannabis, ces dernières années en Belgique, est certainement la suite logique de l’augmentation des moyens destinés à combattre la production cannabique. Les risques perçus par les auteurs auront-ils néanmoins un réel impact sur la production en pleine croissance sur le territoire belge ? En fait, quel bénéfice effectif peut obtenir un trafiquant d’une culture clandestine locale ?

A la demande de la police fédérale et avec le soutien de la Politique scientifique fédérale, l’université de Gand s’est penchée sur la question des revenus procurés par une plantation indoor de cannabis. Les résultats démontrent des gains illicites possibles nettement plus élevés que les chiffres de rendement avancés par une étude hollandaise datant de 2005. Ces derniers servaient de base de référence jusqu’alors aux acteurs judiciaires.

La rentabilité des cultures de cannabis

A partir de mai 2010 et durant une année, Wouter Vanhove (Laboratoire d’agriculture tropicale et subtropicale et d’ethnobotanique de l’Université de Gand) et Tim Surmont (Institut de recherche sur les politiques criminelles) ont procédé à de nombreuses analyses en plantant du cannabis selon différentes méthodes. Leur objectif était de découvrir le nombre de grammes par m² ou par plant pouvant être obtenus par les cannabiculteurs. Les résultats sont surprenants car les chercheurs ont récolté 48 grammes par plant, alors que les statistiques hollandaises se basaient sur 28 grammes de cannabis. Précisons qu’il s’agit de cultures à 12 plants/m² et que ce chiffre descend à 36 grammes par plant dans le cas de 16 plants/m².

Autre paramètre : la question de la rentabilité des plantations indoor est intrinsèquement liée au nombre de récoltes possibles par an. En théorie, on parle de cinq récoltes par an, alors que le nombre de quatre semble plus réaliste.

Quelle est l’incidence de ces recherches sur la rentabilité d’une culture cannabique ? Tim Surmont estime qu’un gain de quatre euros par gramme de cannabis est possible. Cela représente un bénéfice de 33% par rapport à l’année 2005, où il était estimé à trois euros par gramme. Ce chiffre peut évidemment varier en fonction de la qualité du produit. En 2010, 310.000 plants de cannabis ont été saisis, ce qui, selon ces nouveaux chiffres aurait représenté un gain de 207 millions d’euros pour les auteurs.

Les conclusions des scientifiques gantois pourront en outre être pris en compte par les tribunaux et influer sur la sévérité des sanctions. Les saisies du patrimoine personnel de l’auteur peuvent en effet s’ajouter aux saisies des plants et du matériel, ainsi qu’aux peines de prison et aux amendes. Ces saisies peuvent donc mener, par décision du juge de fond, à des confiscations, non seulement du produit de l’infraction mais aussi d’un autre patrimoine par équivalence, en fonction de l’actif illégal calculé sur des bases ayant un fondement scientifique.

Les "avantages" et l’impact des plantations indoor

Les conditions optimales de culture de cannabis dans des lieux clos permettent en outre d’obtenir une «herbe» plus forte. Une teneur de 20% de THC (molécule responsable des effets psychotropes du cannabis) est souvent atteinte en indoor, alors qu’elle se situe dans les plantations européennes à l’air libre autour de 6% de THC. Pour rappel, le chanvre industriel utilisé dans nombre de produits de consommation courante (isolants, tissus, cordages), représente un taux d’environ 0,05% de THC et ne peut en aucun cas dépasser, selon les règlements européens, le taux de 0,2% de THC, niveau limite du principe actif admis par les labos de toxicologie.

Les plantations indoor offrent donc toute une série d’avantages comparés à la configuration à l’air libre. Elles sont d’abord plus discrètes et donc moins détectables. Plus coûteuses à cause de l’investissement matériel important, ces plantations se révèlent cependant plus rentables. Quatre récoltes annuelles sont possibles, les conditions climatiques n’entrent plus en ligne de compte, la teneur en THC est bien plus importante et la qualité de la production peut être contrôlée par toute une gamme de produits phyto-pharmaceutiques et d’engrais spécifiques.

En outre, le matériel utilisé peut être réutilisé à de nombreuses reprises et est amorti dès la première récolte lorsque les plantations dépassent une certaine taille, le seuil d’amortissement étant situé à partir d’environ 500 plantes.

Des enquêtes ont pu mettre en évidence que la production entière de plantations de cannabis alimentait de manière significative les coffee-shops des Pays-Bas. On convient généralement que 80% de la marihuana vendue dans les coffee-shops provient de la filière «plantations indoor».

Michael Dejozé, Assistant en criminologie (ULg)

Coordinateur de l’Observatoire eurégional de la délinquance Meuse-Rhin (EMROD)

Michel Ost, Commissaire de police judiciaire, PJF Liège

Source: secunews.be/

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